Câbler un détecteur de mouvement : les schémas expliqués
Un détecteur de mouvement filaire ne comporte que trois bornes, et pourtant l'immense majorité des installations ratées tiennent à une confusion entre l'arrivée de phase et le retour lampe. Voici comment identifier vos fils, puis appliquer le schéma qui correspond réellement à votre situation.
Reconnaître les conducteurs
Dans une installation conforme aux usages français actuels, le neutre est bleu clair, le conducteur de protection est vert et jaune, et il ne doit jamais être utilisé pour autre chose. La phase est de n'importe quelle autre couleur, le plus souvent rouge ou marron. Le retour lampe, ce fil qui repart du point de commande vers le luminaire, est fréquemment orange ou violet, mais c'est un usage et non une obligation : dans une rénovation, vous pouvez très bien trouver deux fils rouges dans la même boîte.
La méthode fiable consiste donc à repérer avant de démonter. Circuit sous tension, l'ancien interrupteur en place, mesurez entre chaque conducteur et le neutre : celui qui présente une tension en permanence est la phase d'arrivée, celui qui ne la présente que lorsque l'interrupteur est fermé est le retour lampe. Notez le résultat avec un ruban adhésif de couleur, puis coupez le courant avant de déposer quoi que ce soit.
Schéma 1 : détecteur trois fils, commande directe
C'est le montage de référence, celui qui pose le moins de problèmes. Le détecteur reçoit une alimentation permanente et commande la lampe par sa sortie.
- Raccordez la phase d'arrivée sur la borne repérée L, parfois notée « phase » ou marquée d'un P.
- Raccordez le neutre du circuit sur la borne N. Ce neutre alimente l'électronique du détecteur.
- Raccordez le fil qui part vers le luminaire sur la borne de sortie, notée L', A ou « lampe » selon les marques.
- Au niveau du luminaire, ce fil arrive sur la borne de phase et le neutre du circuit rejoint la borne de neutre. Le conducteur de protection est raccordé si le luminaire est de classe I.
- Refermez, remettez le courant, puis réglez la temporisation au minimum le temps des essais afin de ne pas attendre plusieurs minutes entre deux tests.
Schéma 2 : ajouter un interrupteur de forçage en parallèle
Il est souvent utile de pouvoir imposer l'allumage, par exemple pour bricoler dans un garage sans être plongé dans le noir à chaque pause. On y parvient en plaçant un interrupteur simple en parallèle de la sortie du détecteur.
- Conservez intégralement le câblage du schéma 1.
- Amenez la phase d'arrivée sur la borne d'entrée de l'interrupteur de forçage. Elle est donc partagée entre le détecteur et l'interrupteur.
- Reliez la sortie de l'interrupteur au même fil de retour lampe que celui déjà raccordé sur la sortie du détecteur.
- Résultat : le luminaire s'allume soit sur détection, soit sur commande manuelle, et l'interrupteur fermé maintient l'éclairage en continu quelles que soient les temporisations.
Certains détecteurs proposent une alternative plus élégante : un mode forçage activé par une double impulsion sur l'interrupteur d'alimentation. Vérifiez la notice avant de tirer un câble supplémentaire.
Schéma 3 : le détecteur deux fils et ses limites
Un détecteur dit « deux fils » ou « sans neutre » s'insère en série dans le circuit, exactement à la place d'un interrupteur. Il ne dispose d'aucune alimentation propre et prélève le courant nécessaire à son électronique en le faisant circuler à travers la lampe elle-même, en permanence.
Avec une ampoule à incandescence, ce courant résiduel était sans conséquence. Avec des LED, dont la consommation est faible et le seuil d'allumage bas, il provoque trois symptômes bien connus : un scintillement discret lampe éteinte, une lueur persistante, ou l'impossibilité d'éteindre complètement. Les parades existent — condensateur de compensation fourni par le fabricant, charge minimale respectée, modèle spécifiquement annoncé compatible LED — mais aucune n'est aussi confortable qu'un vrai neutre. Si vous rénovez et que la boîte est accessible, tirez le neutre : c'est une demi-heure de travail qui évite des années d'agacement.
Le cas du va-et-vient
Un détecteur ne s'insère pas dans un va-et-vient classique, car les deux interrupteurs commutent une paire de navettes et non une phase franche. Deux solutions propres existent. La première consiste à remplacer le va-et-vient par un télérupteur placé dans le tableau : les points de commande deviennent des boutons-poussoirs, et le détecteur envoie simplement une impulsion sur la même ligne de commande. La seconde, plus simple, consiste à câbler le détecteur en parallèle du luminaire selon le schéma 2, en conservant le va-et-vient existant pour le forçage manuel.
Section des conducteurs et protection
Un circuit d'éclairage domestique se réalise habituellement en 1,5 mm², protégé par un disjoncteur divisionnaire de calibre adapté, la norme NF C 15-100 encadrant à la fois cette section, le calibre de protection et le nombre de points lumineux par circuit. Un détecteur ne modifie pas ces règles : il s'intercale sur un circuit existant sans en augmenter la puissance. Vérifiez en revanche la charge maximale admissible inscrite sur l'appareil, donnée séparément pour les LED et pour l'incandescence, la première valeur étant souvent bien inférieure à la seconde. Pour l'édition en vigueur du texte et les cas particuliers, référez-vous à la norme elle-même ou à un professionnel.
Pour une pose en façade, ajoutez les contraintes propres au plein air décrites dans notre guide du détecteur de mouvement extérieur : presse-étoupe orienté vers le bas, boîtier étanche et point d'entrée du câble protégé.
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