Câbler un détecteur de mouvement : les schémas expliqués

Un détecteur de mouvement filaire ne comporte que trois bornes, et pourtant l'immense majorité des installations ratées tiennent à une confusion entre l'arrivée de phase et le retour lampe. Voici comment identifier vos fils, puis appliquer le schéma qui correspond réellement à votre situation.

Un détecteur filaire se comporte exactement comme un interrupteur commandé non par un doigt mais par une variation de rayonnement infrarouge. Il coupe et rétablit la phase qui alimente le luminaire, et il a besoin pour cela d'être lui-même alimenté en permanence, c'est-à-dire de disposer d'un neutre. Toute la logique du câblage découle de ce principe.

Avant toute intervention

Travailler sur une installation en 230 V n'est pas anodin. Trois précautions ne se négocient pas :

  • Coupez le disjoncteur du circuit concerné, et de préférence l'interrupteur général, puis signalez la coupure pour que personne ne réenclenche pendant que vous travaillez.
  • Vérifiez l'absence de tension au niveau de la boîte, avec un vérificateur d'absence de tension ou un multimètre, sur chaque conducteur que vous allez manipuler. Un tournevis testeur à néon donne une indication, pas une preuve.
  • Si le repérage des fils reste incertain, si l'installation est ancienne ou dépourvue de conducteur de protection, faites intervenir un électricien. Une erreur sur un circuit d'éclairage peut mettre une carcasse métallique sous tension.

Reconnaître les conducteurs

Dans une installation conforme aux usages français actuels, le neutre est bleu clair, le conducteur de protection est vert et jaune, et il ne doit jamais être utilisé pour autre chose. La phase est de n'importe quelle autre couleur, le plus souvent rouge ou marron. Le retour lampe, ce fil qui repart du point de commande vers le luminaire, est fréquemment orange ou violet, mais c'est un usage et non une obligation : dans une rénovation, vous pouvez très bien trouver deux fils rouges dans la même boîte.

La méthode fiable consiste donc à repérer avant de démonter. Circuit sous tension, l'ancien interrupteur en place, mesurez entre chaque conducteur et le neutre : celui qui présente une tension en permanence est la phase d'arrivée, celui qui ne la présente que lorsque l'interrupteur est fermé est le retour lampe. Notez le résultat avec un ruban adhésif de couleur, puis coupez le courant avant de déposer quoi que ce soit.

Schéma 1 : détecteur trois fils, commande directe

C'est le montage de référence, celui qui pose le moins de problèmes. Le détecteur reçoit une alimentation permanente et commande la lampe par sa sortie.

  1. Raccordez la phase d'arrivée sur la borne repérée L, parfois notée « phase » ou marquée d'un P.
  2. Raccordez le neutre du circuit sur la borne N. Ce neutre alimente l'électronique du détecteur.
  3. Raccordez le fil qui part vers le luminaire sur la borne de sortie, notée L', A ou « lampe » selon les marques.
  4. Au niveau du luminaire, ce fil arrive sur la borne de phase et le neutre du circuit rejoint la borne de neutre. Le conducteur de protection est raccordé si le luminaire est de classe I.
  5. Refermez, remettez le courant, puis réglez la temporisation au minimum le temps des essais afin de ne pas attendre plusieurs minutes entre deux tests.

Schéma 2 : ajouter un interrupteur de forçage en parallèle

Il est souvent utile de pouvoir imposer l'allumage, par exemple pour bricoler dans un garage sans être plongé dans le noir à chaque pause. On y parvient en plaçant un interrupteur simple en parallèle de la sortie du détecteur.

  1. Conservez intégralement le câblage du schéma 1.
  2. Amenez la phase d'arrivée sur la borne d'entrée de l'interrupteur de forçage. Elle est donc partagée entre le détecteur et l'interrupteur.
  3. Reliez la sortie de l'interrupteur au même fil de retour lampe que celui déjà raccordé sur la sortie du détecteur.
  4. Résultat : le luminaire s'allume soit sur détection, soit sur commande manuelle, et l'interrupteur fermé maintient l'éclairage en continu quelles que soient les temporisations.

Certains détecteurs proposent une alternative plus élégante : un mode forçage activé par une double impulsion sur l'interrupteur d'alimentation. Vérifiez la notice avant de tirer un câble supplémentaire.

Schéma 3 : le détecteur deux fils et ses limites

Un détecteur dit « deux fils » ou « sans neutre » s'insère en série dans le circuit, exactement à la place d'un interrupteur. Il ne dispose d'aucune alimentation propre et prélève le courant nécessaire à son électronique en le faisant circuler à travers la lampe elle-même, en permanence.

Avec une ampoule à incandescence, ce courant résiduel était sans conséquence. Avec des LED, dont la consommation est faible et le seuil d'allumage bas, il provoque trois symptômes bien connus : un scintillement discret lampe éteinte, une lueur persistante, ou l'impossibilité d'éteindre complètement. Les parades existent — condensateur de compensation fourni par le fabricant, charge minimale respectée, modèle spécifiquement annoncé compatible LED — mais aucune n'est aussi confortable qu'un vrai neutre. Si vous rénovez et que la boîte est accessible, tirez le neutre : c'est une demi-heure de travail qui évite des années d'agacement.

Le cas du va-et-vient

Un détecteur ne s'insère pas dans un va-et-vient classique, car les deux interrupteurs commutent une paire de navettes et non une phase franche. Deux solutions propres existent. La première consiste à remplacer le va-et-vient par un télérupteur placé dans le tableau : les points de commande deviennent des boutons-poussoirs, et le détecteur envoie simplement une impulsion sur la même ligne de commande. La seconde, plus simple, consiste à câbler le détecteur en parallèle du luminaire selon le schéma 2, en conservant le va-et-vient existant pour le forçage manuel.

Section des conducteurs et protection

Un circuit d'éclairage domestique se réalise habituellement en 1,5 mm², protégé par un disjoncteur divisionnaire de calibre adapté, la norme NF C 15-100 encadrant à la fois cette section, le calibre de protection et le nombre de points lumineux par circuit. Un détecteur ne modifie pas ces règles : il s'intercale sur un circuit existant sans en augmenter la puissance. Vérifiez en revanche la charge maximale admissible inscrite sur l'appareil, donnée séparément pour les LED et pour l'incandescence, la première valeur étant souvent bien inférieure à la seconde. Pour l'édition en vigueur du texte et les cas particuliers, référez-vous à la norme elle-même ou à un professionnel.

Pour une pose en façade, ajoutez les contraintes propres au plein air décrites dans notre guide du détecteur de mouvement extérieur : presse-étoupe orienté vers le bas, boîtier étanche et point d'entrée du câble protégé.

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Questions fréquentes

Ma boîte d'encastrement n'a que deux fils : puis-je quand même poser un détecteur ?

Uniquement avec un modèle conçu pour fonctionner sans neutre, dit à deux fils, et en acceptant ses limites avec l'éclairage LED. La solution durable consiste à tirer un neutre depuis le point lumineux ou depuis la boîte de dérivation la plus proche, puis à installer un détecteur classique à trois fils, nettement plus tolérant.

Mon détecteur allume la lampe mais elle ne s'éteint plus : d'où vient le problème ?

Si l'installation est neuve, suspectez d'abord une inversion entre le fil de retour lampe et la phase d'alimentation. Si le câblage est correct, il s'agit souvent d'un détecteur sans neutre associé à une charge LED trop faible : le courant résiduel qui traverse la lampe suffit à l'entretenir. Un condensateur de compensation fourni par le fabricant, ou le passage à un détecteur trois fils, règle la situation.

Peut-on brancher plusieurs détecteurs sur le même luminaire ?

Oui, en câblant leurs sorties de retour lampe en parallèle : n'importe lequel des détecteurs peut alors allumer le point lumineux. Chacun doit être alimenté en phase et en neutre, et chacun conserve ses propres réglages de temporisation. C'est la solution classique pour couvrir un couloir en L ou un escalier depuis deux positions.

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